ALAIN DELON
On dit de lui...
Il reste LA star. Celle qui déplace les foules. Celle qui éblouit, qui fascine. L'équivalent de ces monstres sacrés américains dont le seul nom suffit à réveiller nos songes. Qu'importe ce qu'on raconte sur lui, qu'importe les prises de position, qu'importe le ton cassant et exaspéré des jours sombres: Delon, avec son formidable potentiel comme ses excès, apparait et le reste disparaÎt.

Dans le nouveau décor du Palais des Beaux-Arts de Charleroi, il va briller jusqu'au 28 janvier 1999, vibrant au rythme de ces « Variations énigmatiques » qui ont fait bouger qui ont secoué le Tout-Paris.


Beaucoup l'attendaient au tournant, lui qui n'avait joué que trois pièces, dont l'inoubliable « Dommage qu'elle soit une putain » avec celle qui vit toujours en lui: Romy. Ils furent confondus. Il reste LA star. Celle qui déplace les foules. Celle qui éblouit, qui fascine. L'équivalent de ces monstres sacrés américains dont le seul nom suffit à réveiller nos songes. Qu'importe ce qu'on raconte sur lui, qu'importe les prises de position, qu'importe le ton cassant et exaspéré des jours sombres: Delon, avec son formidable potentiel comme ses excès, apparait et le reste disparaÎt.

Dans le nouveau décor du Palais des Beaux-Arts de Charleroi, il va briller jusqu'au 28 janvier 1999, vibrant au rythme de ces « Variations énigmatiques » qui ont fait bouger qui ont secoué le Tout-Paris. Beaucoup l'attendaient au tournant, lui qui n'avait joué que trois pièces, dont l'inoubliable « Dommage qu'elle soit une putain » avec celle qui vit toujours en lui: Romy. Ils furent confondus.

Avant de se retrancher avec les siens dans son havre genevois, Delon a choisi notre plat pays pour faire ses adieux. Un événement - même si l'on chuchote qu'il pourrait encore ajouter quelques représentations avec son partenaire Stéphane Freiss. En quatre décennies, il a tout donné au métier et il tire maintenant sa révérence, à 63 ans, non sans avoir choisi la difficulté: la confrontation directe avec le public. Celui sans qui - il le répète souvent - il ne serait rien. D'autres n'ont pas cette élégance.

On ignore, à ce jour, s'il aura réalisé un dernier coup d'éclat, mercredi soir, au journal de la RTBF. Parce qu'il est imprévisible, comme le renard. Parce qu'il a le courage de ses opinions, et c'est déjà si rare. Mais l'on sait, à coup sûr , que Charleroi aura droit à sa quintessence: du Delon pur jus, comme on dit dans le métier , brut de décoffrage.

Fauve blessé par une enfance qu'il a toujours voulu exorciser, amoureux extraverti et passionné, adulte éternellement écorché mais sincère, l'homme est le reflet de beaucoup de vies. Même s'il demeure une exception.

« Un mythe est une histoire, une fable symbolique, simple et fappante », disait Denis De Rougemont, dont le dernier port d'attache fut aussi Genève. C'était un visionnaire.

Marc DERIEZ